CIRH a échoué dans sa mission, selon la POHDH

CIRH a échoué dans sa mission, selon la POHDH
March 8, 2011 Christian Wisskirchen
POHDH

constr vehiclePhoto: © Joris Willems

Déclaration de la POHDH (Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits de l’Homme)

Document soumis à AlterPresse le 28 février 2011

Le 12 janvier 2010, un terrible tremblement de terre de magnitude 7.3 sur l’échelle de Rictcher a frappé Haïti. Ce violent séisme a causé plus de trois cent mille (300,000) morts et des milliers de disparus sans compter d’énormes dégâts matériels enregistrés dans les départements de l’ouest, du Sud’ Est et des Nippes. Une situation qui a attiré l’attention de la communauté internationale.

Celle-ci a manifesté sa solidarité et a mobilisé tout son effort pour apporter son soutien humanitaire au peuple haïtien dès le lendemain du 12 janvier. Etant donné que cette catastrophe a quasiment détruit la capitale haïtienne et quelques villes de province, pour faire face à cette situation, en avril 2010, soit deux mois après, une commission mixte a été officiellement créée au mépris des lois de la république et a pour responsabilité fondamentale de coordonner le processus de la reconstruction d’Haïti.

La CIRH (Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti) est co-présidée par l’ex-président des Etats-Unis M. Bill Clinton et l’actuel Premier Ministre haïtien M. Jean Max Bellerive. Depuis lors, la reconstruction d’Haïti est au cœur des interventions et fait l’objet de plusieurs rencontres, que ce soit à Montréal, en République Dominicaine, à New York, à Port-au-Prince, et les Bailleurs de fonds se sont engagés à débloquer des fonds suffisants pour reconstruire Haïti.

10 mois après la mise en place de la dite commission, sur le montant total promis par les bailleurs, environ 30% de cette somme sont déjà versés en grande partie à travers des ONG. Alors que, un an après, les véritables victimes du tremblement de terre vivent encore sous des tentes dans des conditions infrahumaines au mépris de leurs droits et de leur dignité dans les camps. La capitale est encore sous les décombres.

A la veille de sa réunion à Port-au-Prince, ce lundi 28 février 2011, la CIRH annonçait que 400 millions de dollars seront nécessaires pour enlever les déblais, une somme qui jusqu’à présent n’est pas encore disponible. C’est la preuve que la CIRH a complètement échouée dans sa mission première qui est de créer les conditions pour relocaliser les déplacés et coordonner le processus de la reconstruction.

Quand est-ce que la reconstruction sera-t-elle vraiment effective ? Où est-ce que le peuple est-il placé dans ce processus de reconstruction ? Peut-il y avoir une reconstruction d’Haïti sans la participation effective des différents secteurs de la vie nationale ?

Le peuple haïtien, qui devrait être partie prenante des discussions au sein de la CIRH à travers la représentation et la participation effectives des différents secteurs de la vie nationale, est mis à l’écart dans ce dossier ; par exemple la paysannerie qui représente plus de 62% de la population n’est pas représentée dans la commission de reconstruction.

De plus, le plan de la reconstruction et du relèvement d’Haïti ne laisse aucune ouverture à ce que les victimes qui n’ont pas été propriétaires avant le séisme le deviennent. Ce plan n’a pas pris en compte les valeurs universelles et le respect des droits humains.

La création d’emplois au Parc Industriel, est l’un des critères de sélection des projets par la CIRH, qui favorise les grands investisseurs tant nationaux qu’internationaux. Alors que la grande majorité de la population vit encore dans la plus grande précarité, dans la violation systématique et flagrante de ses droits économiques et sociaux.

En fin de compte, la communauté internationale profite de ce cataclysme dévastateur pour continuer d’une manière plus systématique l’application de la politique néo-libérale en rendant plus dépendant l’Etat haïtien. Une politique qui vise à diminuer progressivement l’investissement de l’Etat au niveau des services sociaux de base, tels que : l’éducation, la santé, le logement, l’agriculture, etc.…

La POHDH exige que l’Etat saisisse ce moment de reconstruction pour créer des conditions favorables en vue de garantir le respect des droits économiques, sociaux et culturels de la population ; conditions indispensables au respect des droits à la vie et à la stabilisation du pays.

Port-au-Prince, 28 février 2011

Antonal MORTIME 
Secrétaire Exécutif POHDH

 

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