Discours du Président Martelly à la CIRH

Discours du Président Martelly à la CIRH
July 27, 2011 Christian Wisskirchen

Discours du Président Martelly à la CIRH

Le Nouvelliste, 26 Juillet 2011

Haïti: Mesdames, Messieurs,

C’est avec beaucoup de plaisir que je me retrouve aujourd’hui parmi vous pour participer à cette nouvelle session du conseil d’administration de la CIRH et pour prendre, je l’espère, des décisions importantes qui nous permettront d’aller rapidement de l’avant dans la reconstruction et le développement d’Haïti.

D’abord, c’est pour moi l’occasion de revoir les représentants et représentantes des pays amis et des institutions internationales, ainsi que d’éminentes personnalités étrangères, particulièrement le président Clinton, que je tiens à saluer et à remercier chaleureusement pour l’intérêt qu’ils manifestent à la reconstruction d’Haïti, et pour les appuis qu’ils ne cessent de nous apporter. Je peux vous assurer que mon administration souhaite poursuivre cette fructueuse collaboration, en se concentrant sur des priorités clairement établies, en accélérant le rythme d’exécution des projets et en augmentant très nettement le montant des ressources disponibles, et surtout déboursées, afin de mieux répondre aux attentes légitimes du peuple haïtien.

Ensuite, je souhaiterais profiter de cette opportunité pour présenter brièvement ma vision de l’avenir de la CIRH et proposer un certain nombre d’actions concrètes qui devraient être mises en oeuvre au cours des prochains mois afin d’améliorer la performance de la commission et de jeter les bases de l’institution appelée à lui succéder.

Ma vision s’articule autour de quatre axes fondamentaux :

Premièrement, dans la mesure où le mandat de la CIRH consiste à mettre en oeuvre le « Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement d’Haïti » adopté à la suite du tremblement de terre, il me parait essentiel d’actualiser ce plan en finalisant au plus tôt le document « les Grands Chantiers pour le relèvement et le développement d’Haïti » initié par le Premier ministre Jean-Max Bellerive. Il faut aussi tenir compte des expériences des 18 derniers mois et des nouvelles priorités que j’ai proposées et qui ont été approuvées par la nation. Dans cette perspective, je vous demande d’accorder une importance toute particulière à la relocalisation des personnes qui sont toujours sous des tentes ou des abris de fortune et qui méritent de retrouver des conditions convenables de vie dans les meilleurs délais. Tous les efforts et moyens disponibles devront être déployés à cette fin. A ce sujet, je suis heureux d’annoncer qu’un programme spécial et de grande envergure sera entrepris, sous la direction conjointe de la présidence, des mairies, et des autres partenaires nationaux et internationaux, pour permettre à 30 000 personnes de rejoindre leurs quartiers d’origine et de vivre dans des logements décents et des quartiers urbanisés. Ce Projet, axé sur la réhabilitation de 16 quartiers liés à 6 camps prioritaires, a été soumis à la CIRH et les grandes lignes vous seront présentées au courant de ce conseil. Dans les récents jours, la situation du camp de Sylvio Cator a été le sujet de beaucoup de critiques et d’inquiétudes. Je tiens à réitérer que mon administration est contre les évictions forcées ne respectant pas les droits de l’homme. L’approche que nous proposons est intégrée et offre une solution durable aux déplacés. Nous demandons aux communes d’être patientes et de n’entreprendre aucune action contre-productive.

Ensuite, la reconstruction de Port-au-Prince et des villes touchées par le séisme devra accorder des responsabilités et un rôle plus importants au secteur privé, en fournissant directement aux victimes du tremblement de terre les crédits et autres financements nécessaires à la reconstruction des maisons et immeubles qu’ils ont perdus. Il est clair que l’Etat ne doit pas se substituer aux individus et aux entreprises qui souhaitent bâtir à nouveau leurs résidences ou lieux de travail détruits, mais qui manquent cruellement de moyens pour y parvenir. Dans ces conditions, les pouvoirs publics auront pour devoir de faire respecter les plans d’urbanisme et les codes de construction, mais non de construire à la place des personnes physiques ou morales, sur des terrains appartenant à des particuliers.

Enfin, tenant compte de l’importance que revêt pour moi le secteur de l’éducation, je recommande qu’une attention spéciale soit prêtée à la reconstruction et à l’aménagement des écoles et autres établissements d’enseignement, particulièrement au niveau primaire. Ces actions pourront ainsi compléter les initiatives que je prends actuellement en vue de permettre à 100 000 enfants d’accéder gratuitement à l’éducation en septembre prochain.

Deuxièmement, tout en étant sensible au contexte financier international et aux situations parfois critiques auxquelles certains bailleurs de fonds doivent faire face, je me permets encore une fois de faire appel à leur générosité et à leur solidarité pour accélérer les décaissements des fonds déjà promis et augmenter si possible les enveloppes destinées à la reconstruction d’Haïti. De même, il est absolument crucial que nous parvenions à alléger les procédures d’exécution des projets retenus, de manière à obtenir plus vite des résultats tangibles, à grande échelle, susceptibles d’améliorer visiblement et profondément les conditions d’existence de la population.

Troisièmement, le temps est venu de renforcer les structures techniques de la Commission en nommant un directeur éxécutif ad interim et en formant un groupe de travail chargé de soumettre dans un délai de 60 jours des propositions visant à dynamiser l’organisation interne de la CIRH. De plus, il faut mettre en place immédiatement des mécanismes et des soutiens spéciaux au sein de la Commission, qui permettront d’accélérer la réalisation des projets prioritaires, en toute transparence, mais avec une efficacité et une rapidité nettement accrues. Je profite de l’occasion pour remercier Mme Ann Valérie Timothée Milfort, nouvelle Directrice éxécutive a.i., d’avoir accepté cette importante mission.

Dans le même esprit, je souhaite que nous puissions améliorer les services de communication de la Commission, de manière à ce que le public puisse mieux comprendre le fonctionnement et suivre les réalisations de la CIRH. Il est aussi indispensable d’assurer une meilleure coordination avec les ONG dont les activités devront être prises en compte dans la planification de la CIRH, afin d’éviter les doubles emplois et de maximiser les synergies.

Quatrièmement, il nous faut dès maintenant commencer à définir les attributions, la mission et l’architecture de l’entité qui devrait succéder, de manière pérenne, à la CIRH, conformément à la loi du 19 avril 2010. Les fonctions exactes de cette entité devront faire l’objet d’études appropriées qui déboucheront sur un projet de loi organique, lequel sera validé par la Commission avant d’être soumis au vote du Parlement.

Compte tenu de l’ambitieux agenda de travail que nous avons devant nous, je demande à toutes les instances concernées, tant nationales qu’internationales, d’oeuvrer conjointement et rapidement afin de renouveler le mandat de la CIRH pour une nouvelle période de 12 mois, au delà de la date butoir du 20 octobre 2011. Nous devons absolument respecter ces échéances si nous voulons continuer à profiter d’un flot ininterrompu d’aides à la reconstruction et gérer ces ressources de manière efficace dans le cadre de la plateforme stratégique que représente la CIRH.

Avant de terminer, je voudrais encore une fois féliciter les deux coprésidents de la CIRH pour le remarquable leadership dont ils ont fait preuve, ainsi que tout le personnel de la Commission pour la qualité de leur travail et leur dévouement dans des circonstances particulièrement difficiles, à la suite du terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010. Nous leur en sommes sincèrement reconnaissants.

Maintenant, il s’agit d’aller de l’avant, d’opérer concrètement les changements que j’ai promis d’effectuer au profit de la grande masse de nos concitoyens et de nos concitoyennes tout en créant les conditions pour le redressement de notre pays. Je forme le voeu que cette session du conseil d’administration de la CIRH soit particulièrement productive et que nous nous entendions pour redonner espoir à tous ceux, toutes celles, qui rêvent de lendemains meilleurs, d’un Etat de droit et d’un pays prospère, à la hauteur des aspirations du peuple haïtien. En tout cas, vous pouvez compter sur mon engagement le plus total et mon appui le plus entier.

Je vous remercie

 

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=95347&PubDate=2011-07-26

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