Considérations au Niveau des Secteurs de Droits Humains

Considérations au Niveau des Secteurs de Droits Humains
March 20, 2011 Christian Wisskirchen

P-au-P., 18 mars 2011 [AlterPresse]— Le retour, ce vendredi 18 mars, en Haïti, de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, soulève des commentaires nuancés au niveau du secteur des droits humains.

Les organisations de défense des droits humains estiment normal le retour de l’ancien président, qui est revenu à Port-au-Prince après 7 ans passés en Afrique du Sud, suite à sa chute en février 2004.

Le secrétaire général du Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI), Renand Hédouville, souligne que la Constitution de mars 1987 ne permet pas l’exil.

« Tout haïtien qui vit en exil a le droit de revenir dans son pays quand il veut », rappelle-t-il.

Cependant, Renand Hédouville croit que Jean Bertrand Aristide doit être prêt à répondre aux questions de la justice pour les multiples violations de droits humains qui se sont produites sous son gouvernement.

« Jean Bertrand Aristide doit se mettre à la disposition de la justice. Il a des comptes à rendre, car durant son passage au pouvoir il y avait beaucoup de violations, dont des assassinats qui aujourd’hui encore restent impunis », déclare Renand Hédouville à AlterPresse.

« Il faut que l’impunité qui règne dans le pays prenne fin », souhaite-t-il.

Plus conciliant, le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, salue le retour de l’ancien chef d’État.

Selon lui, « Aristide n’a pas à répondre à la justice, car il n’a aucune poursuite judiciaire contre lui. Aristide n’a jamais été inculpé », précise-t-il arguant que le président René Préval avait, à son arrivé au pouvoir en 2006, annulé le processus de poursuite judiciaire contre Jean Bertrand Aristide.

« Si des citoyens portent plainte contre lui, ce sera autre chose », prévient le militant de droits humains.

Prudent, le président de la Commission Justice et Paix, Jan Hanssens, reconnait que rien n’empêche la présence de Jean Bertrand Aristide dans son pays.

Il pense que « c’est aux autorités gouvernementales et judiciaires de savoir si l’ancien président Aristide doit répondre ou non aux questions de la justice. »

Les trois responsables d’organisations qui militent pour le respect des droits humains en Haïti écartent toute possibilité que la présence du leader du Parti Fanmi Lavalas influence négativement le déroulement du scrutin du 20 mars prochain.

Ils disent souhaiter que le pays ne soient pas déstabiliser, peu importe le prochain chef de l’Etat issu des prochaines compétitions du second tour. [sfd gp apr 18/03/2011 17 :00]

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